Monastère Saint Jean Baptiste d'Unterlinden
A Colmar
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St Jean-Baptiste bénissant les moniales |
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1232 - Tout commença avec le projet de deux jeunes veuves de se consacrer au Seigneur. Elles se réunirent avec leurs enfants et leurs domestiques dans la maison de l'une d'elles : "Unterlinden" (sous les tilleuls). Aidées dès le début par un dominicain, Lecteur du Couvent de Strasbourg - le fr. Walther - elles désirèrent être incorporées à son Ordre. Les deux fondatrices, Agnès de Mittelheim et Agnès d'Herkenheim entreprirent dans ce but une démarche peu commune pour l'époque : aller elles-mêmes à Rome. Un document sur lequel nous |
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Quand Colmar s'entoura d'un mur d'enceinte, Ufmühlen se trouva "hors les murs", à la merci des pillards et des bandes armées qui foisonnaient à l'époque. Elles revinrent donc à Unterlinden et entreprirent de l'agrandir peu à peu. |
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Plusieurs légendes sont nées autour d'une statue de St Jean-Baptiste que les soeurs auraient ramenée d'Ufmühlen.
Une de ces légendes dit que la statue - enfouie sous terre - aurait appelé les soeurs sur le point de partir, leur demandant, et qui plus est, en dialecte alsacien, de le déterrer et de l'emporter avec elles ! Selon une autre, ce serait sur son conseil qu'elles seraient rentrées en ville. Légendes, bien sur, mais qui prouvent la dévotion des moniales pour leur saint Patron, dès l'origine.
En 1278, le monastère est "ceint d'un mur de 20 pieds". La même année, le chroniqueur tient à noter qu'elles ont même acquis une horloge pour la somme de six marks. |
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Elles ont pratiqué une généreuse hospitalité - ce qui était d'ailleurs la règle dans toutes les abbayes et monastères de l'époque. Elles le firent même pendant les nombreuses disettes dont elles furent elles-mêmes les victimes. Le chroniqueur colmarien note qu'en 1282. les soeurs n'ayant plus de pain que deux fois la semaine, furent réduites à se nourrir, pendant six semaines, d'une sorte de brouet sans cependant cesser de secourir les pauvres; or, dit-il, il s'en présenta 1600 à la porte du monastère... |
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Il n'empêche que si, comme le dit Georges Bischoff dans son "Histoire de Colmar" (6), une telle opulence eut un rôle économique très positif en mettant ainsi la ville en contact avec son "hinterland" direct, elle sera aussi peu à peu perçue comme un contre témoignage et ne fera que renforcer le succès de la Réformation dans les classes populaires. C'est le fr. Volmar, architecte et convers d'Unterlinden, qui dirigea les travaux de construction du monastère comme il le fit, en 1278, pour ceux du couvent des frères quand ils s'installeront à Colmar. (cf à Colmar l'église des Dominicains et une partie de l'actuelle Bibliothèque municipale.)
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Notes :
4- "Annales et chronique des Dominicains de Colmar' ms. de Stuttgart. Traduction Gérard et Liblin. Decker, Colmar, 1854. Les notes contiennent plusieurs inexactitudes et erreurs. 5- Bemard Gui, dominicain (1262-1333) est l'auteur d'une précieuse compilation des chroniques de son époque. 6- "Histoire de Colmar' sous la direction de Georges Livet, Privat, 1983. 7- D'abord béguines à Katzenthal, puis à Ammerschwihr, avant leur transfert à Colmar. Croquis d'après "Colmar panoramique et architectural", Chr. Heck et J.CL. Schmitt, Contades, 1983.
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