Monastère Saint Jean Baptiste

d'Unterlinden

 

La renaissance du monastère

 

 

 

Le P. Henri-Dominique Lacordaire restaura l'Ordre en France en 1839.
De passage à Colmar, un bénédictin érudit, dom Pitra, lui envoya une lettre on ne peut plus lyrique, évoquant le passé d'Unterlinden et les Vitae Sororum. Cette lettre, ainsi qu'une plaquette du chanoine L. Winterer furent éditées quand le projet de refondation se précisa. (24)


Cette refondation fut l'oeuvre de Salomé Wernert-1847-1923. Originaire de la Petite-Pierre (Bas-Rhin), elle quitta l'Alsace en 1870, pour ne pas devoir prendre la nationalité allemande, ce qui ne facilita pas les démarches en vue de la refondation à Colmar, toujours sous régime allemand, vingt-neuf ans plus tard !
Avant d'entrer au monastère dominicain d'Oullins, près de Lyon, elle fut institutrice des fillettes d'une famille d'Annecy dont le précepteur des garçons était le futur fr. J.J.Berthier o.p. Ce fut l'origine d'une amitié de toute une vie. Entré dans la Province dominicaine de Lyon, le fr. Berthier fut cofondateur de l'Albertinum à Fribourg, en Suisse. Après la refondation à Colmar, le fr. Berthier veilla sur la communauté jusqu'à sa mort et y prêcha plusieurs retraites.
Salomé Wernert, devenue à Oullins sr Maria-Dominica, crut devoir renoncer à son projet de refondation d'Unterlinden quand elle fut désignée pour participer à la fondation d'un monastère à Newark, aux Etats Unis. Elle y resta douze ans. A son retour, elle fut élue, puis réélue prieure du monastère d'Oullins!
Pendant ce temps, sa soeur Eugénie Wernert, et une amie de celle-ci, Melle Jeanne Lefaivre, toutes deux tertiaires dominicaines, avaient adopté le projet de refondation de sr M. Dominica. Elles multiplièrent démarches et voyages, encouragées par des colmariens favorables à ce projet et par la famille d'une soeur de l'ancien Unterlinden, les Mangold.

         
 

 

La chronique rapporte une anecdote puérile mais qui prouve qu'elles connaissaient bien leurs sources:
pour hâter la refondation,
elles enterrèrent une statuette
de St Jean-Baptiste,
pour qu'il intervienne,
comme il l'avait fait au Xllle siècle...


 



Elles achetèrent un terrain à Colmar, au Ladhof, puis prirent en location le moulin Stenger, rue de la Grenouillère qu'il fallut aménager. Le 24 septembre 1899, accompagnée de cinq soeurs, dont la jeune postulante alsacienne, Marie Betscha, entrée à Oullins en vue de la fondation, mère Maria-Dominica arrivait à Colmar.
Mère Demetria, de la Congrégation de Niederbronn, supérieure des soeurs de la clinique St Joseph à Colmar, leur offrit une chaleureuse hospitalité jusqu'au 1er octobre, date à laquelle elles s'installèrent au moulin Stenger.

Le P. A.M.P.Ingold, oratorien et historien colmarien, s'offrit pour être leur aumônier. En décembre, le fr. J.J.Berthier le reçut dans le Tiers-Ordre dominicain. Dès le lendemain de leur arrivée, M.André Waïtz, (le père du célèbre Hansi), bibliothécaire de la Ville, leur faisait visiter le couvent des dominicains et Unterlinden. On fit une photo dans le cloître :

Le bail du moulin Stenger ne pouvant être reconduit, la Ville devait y loger des employés municipaux. Les soeurs emménagèrent au n° 13 de la rue St Josse.

Cette maison avait été louée par les deux demoiselles qui se réservèrent l'usage de tout le 1er étage. Comme le nombre des soeurs augmentait rapidement, elles se trouvèrent de plus en plus à l'étroit : deux par cellule, séparées par un simple paravent, à l'étage mansardé. Elles durent patienter ainsi plusieurs années...
En 1926, ayant vendu le terrain du Ladhof, les soeurs purent acquérir la villa d'été de Logelbach, sise au milieu d'un grand parc, que la famille Herzog désirait voir occupée par une communauté religieuse.

Elles y trouvèrent plus d'espace vital et enfin, plus d'indépendance. Elles étaient alors au nombre de vingt-deux.

 

Le transfert eut lieu le 15 juillet 1926. Mère Maria-Dominica ne le connut pas : elle était décédée le 7 janvier 1923.

 

La chapelle qui prolongea un nouveau bâtiment fut inaugurée en 1934.

Les soeurs restèrent à Logelbach jusqu'en 1973.

 

     

Le 11 novembre 1973 eut lieu le transfert du monastère, de Logelbach à Orbey-Tannach, où la ferme Marchand fut réaménagée et agrandie.

     
   

 

Le projet et la réalisation furent confiés à l'architecte colmarien, André Pache +

         
     
   

 

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Notes :

24- Lettre de dom Pitra au P. Lacordaire datée du 21 mars 1846. Imprimerie picarde, Amiens (sans date) L.Winterer" Un monastère alsacien", Rixheim, Imp. Sutter & c°, 1897.

Nelle édition augmentée, en 1912: "Les religieuses dominicaines de Colmar - au XIIIe siècle­aujourd'hui.

 

 

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